En 2008, Jan Fabre s'est glissé dans la peau de " l'ennemi n°1 " français, le gangster Jacques Mesrine (1936-1979), pour une performance de cinq heures au Musée du Louvre, intitulée " Art kept me out of jail " (" L'art m'a évité la prison "). Matthias Schoenaerts, acteur principal du film " Tête de bœuf ", interprète à présent le rôle d'un gangster dans un nouveau monologue écrit pour lui par Jan Fabre (titre provisoire : " Gangster sacré "). Vous y découvrez un " masque " qui s'étire dans tous les sens et s'élève au-dessus de tous les autres ; ce gangster se croit intouchable et se comporte en " patron des patrons ", en " capo di tutti i capi ". Au sein de la maffia italienne, être un " homme d'honneur " est la plus haute vertu. Le personnage oscille entre l'extase et l'abîme. En cavale, il change sans cesse d'identité. La loi et les interdits sont écrits par lui, avec lui, en lui ; son corps est couvert d'extraits du code pénal. La transgression permanente met en éveil notre imaginaire. Nous succombons à son aura de sainteté et nous nous laissons séduire par lui. Après qu'il se soit mis une fois de plus en danger, son châtiment a ainsi un effet cathartique sur nous.