Si la valeur de la danse et du théâtre réside dans sa possibilité de confronter le monde à des réalités parallèles, À Louer en est le summum. Dans une salle d'attente grandiose aux vastes canapés, aux longs rideaux rouges et au carrelage noir et blanc, l'apathie se transforme en ensemble de produits d'une imagination particulièrement active. Le serviteur coréen se dédouble, l'un des fauteuils avale ceux qui s'y installent, les gens trottinent comme des rats… La puissance visuelle de ces images est immense, mais elles tirent réellement leur force de la danse virtuose en live et de l'inspiration puisée dans l'art lyrique et les acrobaties. En même temps, À Louer reste un spectacle très personnel. Ce que le jury y apprécie avant tout, c'est la façon qu'a Peeping Tom de " démocratiser " avec panache le théâtre dansé. La compagnie s'approprie le plateau comme un espace de liberté pour ce qui est possible. C'est du divertissement qui sort des sentiers battus.