Sarah Kane, auteure dramatique extrêmement douée, n'avait que vingt-huit ans lorsqu'elle a mis fin à sa vie en 1999. Elle a laissé cinq pièces de théâtre et un scénario de film. Ses textes, traitant souvent de la mort et de la sexualité, sont poétiques et violents. Pour le metteur en scène Johan Simons, ses œuvres sujettes à débat et à controverse révèlent des pulsions fondamentales et primitives de l'être humain.
Le thème principal de " Gesäubert " (" Cleansed " - " Purifiés ") est le mal. Tout individu naît avec une certaine propension au sadisme ; par conséquent, Simons replace le récit de Kane dans un contexte enfantin. " Gier " (" Crave " - " Manque ") traite du désir. Ici, il n'y a pas de récit ni d'action, mais des personnages sans nom communiquant à l'aide de phrases désunies. Dans " 4.48 Psychose " il ne reste plus qu'un flot fiévreux de pensées, imprégné de douleur et de l'aspiration à la mort.
En présentant les trois dernières pièces de Sarah Kane au cours d'une même soirée, sous la forme d'une trilogie, Johan Simons fait ressortir l'évolution dans le travail de la dramaturge. Si la première pièce respecte encore les règles du théâtre, le récit, l'intrigue et les personnages s'évaporent petit à petit. Il ne reste que le langage. Ce spectacle prenant est accompagné par un sextuor classique.