Christoph Prégardien vous a déjà présenté la jeune soprano Julia Kleiter ; cette fois-ci, il chante aux côtés de son fils Julian, qui marche dans les pas de son père. Si son nom l'a peut-être aidé à débuter, les attentes n'en sont que plus grandes. Et il faut dire qu'il les remplit brillamment.
Lors de ce récital, le père et le fils chantent en alternance des œuvres en solo et en duo. Ne serait-ce que pour des raisons d'hérédité, le timbre clair du fils s'harmonise à merveille avec le timbre plus sombre de Prégardien père, plus proche du baryton. Ensemble, ils vous font découvrir le monde enchanteur du lied romantique allemand, allant des chansons sentimentales de Mozart aux summums du " roi du lied " Franz Schubert, en passant par " Adélaïde " de Beethoven, proche de l'air d'opéra, et le magique " Im Frühling ", jusqu'à la ballade d'épouvante " Der Zwerg " qui glace véritablement le sang. Les duos langoureux des " Liebesliederwalzer " de Brahms et quelques-unes de ses adaptations frivoles d'airs populaires apportent une pointe d'humour, avant que le père et le fils ne se replongent dans la mélancolie pour méditer sur l'amour non partagé à travers la poésie devenue musique du " Dichterliebe " de Schumann.