Pouvez-vous encore vous le représenter? Dans la dernière scène de l'opéra de Mozart, 'Don Giovanni', le héros prend son dîner en écoutant ses propres musiciens lui jouer des arrangements d'arias populaires. Cette scène illustre parfaitement quelles étaient les usages dans l'aristocratie viennoise de la deuxième moitié du dix-huitième siècle, où avoir son propre ensemble de bois ou sa propre harmonie était tout à fait à la mode. À côté d'arrangements d'airs d'opéra populaires, on composait aussi des sérénades, qui n'étaient bien souvent pas plus que des pièces légères de musique de fond. C'est ainsi que le jeune Beethoven composa son octuor pour vents pour l'harmonie de l'archiduc Maximilian Franz, qui résidait à Bonn. Mozart aussi fut l'auteur de plusieurs compositions du genre. Sous sa plume, la sérénade se développa en musique artistique noble, qui n'avait plus rien en commun avec la 'musique récréative' initiale. Sa Sérénade en si bémol majeur, KV361, nommée 'Gran Partita', pour douze instruments à vent et contrebasse, est un modèle impressionnant d'instrumentation colorée et de magistral contrepoint. Une des compositions les plus belles qui aient jamais été écrites pour ensemble à vents ! Les vents de l'Orchestre des Champs-Elysées interpréteront la 'Gran Partita' sur instruments historiques. Ce sera en plus l'occasion rêvée de pouvoir réentendre le hautboïste Marcel Ponseele!