Robert Schumann composa ses premier et deuxième trio à clavier en 1847, après avoir travaillé intensivement sur des œuvres scéniques comme 'Genoveva', son seul opéra, et ses 'Szenen aus Goethes Faust'. Nous en retrouvons des traces dans le caractère dramatique et le langage musical riche et imagé qui caractérise les deux trios. Ses deux œuvres témoignent manifestement du grand savoir-faire contrapuntique, acquis par Schumann au cours de longues années d'étude et d'analyse des fugues de Bach.
C'est probablement stimulée par la passion de son mari pour la fugue qu'en 1845, Clara Schumann se lance elle aussi dans une étude approfondie du contrepoint. Pour son trente-cinquième anniversaire, elle lui offre les '3 Preludes en fuga's opus 16', dans lesquels elle tente d'associer l'art de la fugue de Bach à la composition romantique de caractère. Pour couronner son étude du contrepoint, Clara entreprend de composer un chef-d'œuvre sous forme d'une grande œuvre de musique de chambre. Entre mai et septembre 1846, elle travaille le 'Trio à clavier' en sol mineur. Sans doute choisit-elle le trio à clavier pour relever le défi de pratiquer une forme que Robert avait souvent décrite comme horriblement difficile. Dans ce genre, les exemples tellement parfaits fournis par Beethoven et Schubert semblaient exercer avant tout un effet paralysant sur Robert Schumann. Ce fut la contribution plus que réussie de Clara qui en 1847 le poussa finalement à se consacrer quand même au trio à clavier.