Mary Halvorson est au sommet de son art en tant que guitariste, compositrice et improvisatrice. Elle n'aime pas les structures qui brident sa liberté ; certains prétendent même " qu'elle n'aime pas la guitare ". Mais il n'en est rien, bien au contraire. Elle joue des solos qu'elle fait durer, combine d'astucieux types de mesures et mélodies avec du noise et du trash rock. Comme personne, elle sait exploiter tous les générateurs d'effets pour produire une formidable gamme de riffs, mélodies et accords bruts. En toile de fond pointe toujours vaguement un agréable ton folk. Halvorson est comme un sudoku : tout colle parfaitement, chaque chose est à sa place. Mais en même temps, il est terriblement difficile de comprendre comment elle parvient à ce résultat.
L'impétueux Ches Smith - il démontre entre autres son tempérament dans " Ceramic Dog " de Ribot - est de la même trempe ; c'est un percussionniste génial et hautement original. John Hébert produit des lignes de basse chaleureuses qui swinguent pour fondre les escapades extrêmes de ses collègues dans un monument de contrastes équilibrés.
Le moment serait-il venu d'ajouter l'effigie de Mary Halvorson au Mount Rushmore de la guitare, à côté de celles d'autres illustres guitaristes comme Bailey-Frith-Ribot-Otomo ?