Il nous est impossible de laisser passer une saison sans accueillir Marc-André Hamelin. Il sait tout faire sur un piano à queue. Sous ses mains, le clavier devient véritablement vivant, il vous empoigne et ne vous lâche plus. Un récital d'Hamelin est une expérience dont vous vous souviendrez jusqu'à la fin de vos jours. Oui, Hamelin est un virtuose extrême, mais son exploitation de cette virtuosité est bien plus intéressante que celle de la plupart de ses collègues. Il s'en sert pour vous entraîner dans un voyage émotionnel vers des lieux dont vous ne soupçonniez pas l'existence. Lors de son dernier concert à deSingel, nous avons également pu découvrir Hamelin comme compositeur. Il nous a fait écouter une série vertigineuse d'études écrites en tant que défi personnel. Nous n'en avons pas cru nos oreilles !
Cette fois-ci, une autre de ses compositions figure au programme ; il s'agit des toutes récentes " Variations sur le thème du Capriccio n° 24 de Paganini ". Il rejoint ainsi Brahms et Rachmaninov, auteurs de variations sur la même œuvre. Selon ses dires, ses " Variations " sont complètement démentes. En effet, quatorze variations passent à grand fracas en dix minutes. En chemin, Hamelin fait preuve de son humour habituel pour citer une kyrielle de grands classiques connus. C'est aussi impressionnant qu'hilarant. Attachez vos ceintures !