L'idée de la Messe en si mineur de Bach est solidement ancrée dans notre mémoire collective. Et pourtant, cette messe n'a pas été conçue ni composée comme un ensemble : le Sanctus en est le noyau, tandis que le Kyrie et le Gloria ont été rajoutés neuf ans après. Et ce n'est qu'à la fin de sa vie que Bach a composé le Credo. Il ne faut donc pas s'étonner si l'oeuvre est une espèce d'autobiographie en musique, un éventail époustouflant de mélodies et d'harmonies, de styles et de couleurs, de techniques vocales et instrumentales. Le tout associé à la perfection formelle et à la puissance expressive portée à son comble. Le passage " Et incarnatus est " surtout, ajouté par Bach lors de sa dernière révision, association de la polyphonie et d'une rhétorique musicale hors du commun, montre la voie de l'avenir à l'homme, mais aussi à la musique.
Entre les mains de l'Akademie für Alte Musik Berlin, qui célèbre son trentième anniversaire, de la constellation vocale d'Arsys Bourgogne, aussi homogène que limpide, et de formidables solistes, ce monument de la musique baroque est avant tout un hommage au génie de son créateur.